La section CGT du Samusocial de Paris a annoncé la prolongation d’un mouvement de grève, qui entrera, jeudi 23 juillet, dans son deuxième mois. L’initiative a été lancée pour protester contre « la remise à la rue de trop nombreuses familles » hébergées en urgence depuis l’activation du plan Grand Froid fin décembre 2025, ainsi que contre « des suppressions des nuitées d’hôtel ».
A l’appel du syndicat, « écoutants sociaux du 115 », gestionnaires de planning, juristes, éducateurs, agents de maraude, travailleurs sociaux et médecins manifestent chaque semaine, selon la même source. Cette grève avait notamment perturbé fortement le fonctionnement du 115 – le numéro d’hébergement d’urgence – en période de canicule.
Selon la direction, le Samusocial de Paris fait face à un dépassement de son plafond annuel de dépenses consacrées à l’hébergement. « Nous sommes obligés de refuser des personnes très prioritaires, comme des femmes enceintes, parce que les places sont occupées depuis janvier par des personnes non prioritaires. L’Etat nous a demandé de réétudier ces situations », avait expliqué, à la fin du mois de juin, Vanessa Benoît, directrice de la structure.
Les publics prioritaires incluent notamment les femmes enceintes et les personnes affectées de pathologies lourdes.
200 personnes en attente de logement
Depuis le début du mouvement de grève, le service chargé de centraliser et réguler les offres et les demandes d’hébergements a « modifié les critères de priorité pour essayer de réduire le nombre » de demandeurs, précise Jordan Bernard, le secrétaire général de la CGT du Samusocial de Paris. « Avant, les familles étaient prioritaires à partir de six mois de grossesse. Maintenant, c’est sept », a-t-il précisé, le Samusocial devant se plier à un arrêté préfectoral en ce sens, faute de marges de manœuvre.
Utopia 56, association d’aide aux migrants et aux sans-abri, occupe le parvis du siège du Samusocial à Paris depuis une semaine en soutien aux familles. « Il y a près de 200 personnes » sur place, en attente d’un logement, selon la CGT.
Par ailleurs, les grévistes réclament une augmentation générale des salaires. En réponse à ces demandes, Vanessa Benoît a déclaré, mercredi, poursuivre des négociations avec l’Etat pour augmenter les revenus des salariés, et proposer « une prime exceptionnelle aux écoutants en raison de la durée du plan Grand Froid ».