Culture

« Les Madeleines », récit de vie facétieux d’un homosexuel carburant aux petits gâteaux proustiens

« Les Madeleines », récit de vie facétieux d’un homosexuel carburant aux petits gâteaux proustiens

L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR

L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR

Un jour, le cinéaste et romancier Arthur Dreyfus, tout juste 40 ans, a reçu la lettre d’un homme, un dénommé « Stéphane-Jacques », lequel réagissait à la lecture de l’un de ses ouvrages, Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui (P.O.L., 2021). Un pavé dans lequel le jeune homme gay, alors trentenaire, commentait, jour après jour, mois après mois, ses plans et rencontres furtives, son besoin de se mettre en danger, comme s’il espérait fixer quelque chose de ces milliers d’instants.

L’écrivain et le lecteur – ce dernier de vingt ans son aîné – ont fini par se rencontrer. Stéphane-Jacques, qui grâce au livre connaissait à peu près tout de la vie intime de son interlocuteur, s’est raconté à son tour, explorant ses fantasmes masculins. De cette parole est né un film, Les Madeleines (interdit aux moins de 16 ans), confession à la première personne au ton bizarre et facétieux.

Issu d’une riche famille, Stéphane-Jacques vit dans un appartement parisien parmi lustres, dorures et tableaux anciens. Il porte le nœud pap, des boutons de manchettes, et son crâne est aussi lisse qu’une boule de rampe d’escalier… ou qu’un œuf. Car il ressemble surtout à un oisillon qui serait tombé du nid et aurait grandi un peu seul.

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