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La vie cabossée de Vanessa B., jugée pour avoir tenté de tuer son mari djihadiste avec un fusil à pompe en Syrie

La vie cabossée de Vanessa B., jugée pour avoir tenté de tuer son mari djihadiste avec un fusil à pompe en Syrie

Que s’est-il passé dans cet appartement de Rakka, capitale syrienne de l’organisation Etat islamique (EI), en ce printemps 2014, lorsque Vanessa B., mère de deux jeunes enfants, a tiré à bout portant sur son djihadiste de mari avec le fusil à pompe qu’il lui avait offert en cadeau de mariage ? Hospitalisé en urgence, Mohamed S. avait failli succomber à ses blessures. Quant à la jeune femme, elle a échappé de justesse à son exécution d’une balle dans la tête, comme le prévoyait la loi en vigueur dans le pseudo-califat de l’EI.

Cet épisode de violence conjugale en terre de djihad sera l’un des nombreux faits examinés, jeudi 4 et vendredi 5 juin, par la cour d’assises spéciale de Paris, à l’occasion du procès de cette « revenante » de Syrie âgée de 38 ans, renvoyée pour pas moins de trois infractions : « association de malfaiteurs terroriste », « soustraction par un parent à ses obligations légales compromettant la sécurité et l’éducation de ses enfants » et « tentative de meurtre sur concubin ». Vanessa B. est, à ce jour, la seule « revenante » jugée pour une tentative de meurtre commise en Syrie.

Mais, avant de se transporter dans l’appartement familial de Rakka, la cour tentera d’appréhender la personnalité de cette femme abîmée, son enfance volée, sa conversion à l’islam et la radicalisation qui s’est ensuivie. La quête identitaire de Vanessa B. est en effet complexe et tourmentée. Ses parents biologiques, Charlie et Anne-Bernadette – dont les origines maghrébines ne transparaissent pas dans leur état civil – étaient défaillants : sa mère était alcoolique, et son père, dont elle dit qu’il avait les « mains baladeuses », a été condamné pour des agressions sexuelles commises sur sa belle-fille.

« J’ai toujours été exclue »

Vanessa B. a donc été placée dès l’âge de 6 mois, puis élevée par une famille d’accueil catholique. A l’adolescence, elle commence à s’interroger sur ses origines algériennes et s’intéresse à l’islam. A propos de ses parents biologiques, elle déclarera aux enquêteurs : « J’ai toujours été exclue, on me considérait comme n’étant pas de la famille, je n’étais pas comme eux ; ma mère me disait parfois qu’elle m’avait trouvée dans une poubelle. Moi, j’étais blonde aux yeux bleus et eux étaient plus basanés. »

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