Officiellement, il s’en désole. Officieusement, le Rassemblement national (RN) peut bénir les débordements chaotiques en marge des manifestations du 17 octobre, qui ont remis la thématique sécuritaire à l’agenda, après un début de campagne présidentielle complexe. Oubliés, les divergences entre le président du RN, Jordan Bardella, et la candidate du parti à l’Elysée, Marine Le Pen, les propos antisémites tenus par le premier en privé dans sa jeunesse – des révélations de Mediapart qu’il conteste en justice –, ou le procès en amateurisme visant son contre-budget. Les porte-paroles du RN saturent l’espace médiatique, sûrs d’incarner le retour à l’ordre que souhaiterait une majorité de Français.
Les suites du 17 octobre ont permis à l’extrême droite de se remettre en ordre de bataille, et de faire oublier les tracas du duo. Plus personne au RN ne laisse transparaître le moindre doute quant à la nomination à Matignon de Jordan Bardella, en cas de victoire de Marine Le Pen en mai 2027. Afin que le message soit clair, les visuels de communication du parti portent la mention : « Marine présidente – gouvernement Bardella ».
Retour à la chorégraphie qui a si bien fonctionné pendant des années, pour le parti : Jordan Bardella court les médias – visite de terrain auprès de policiers, conférences de presse, interview télévisée – pour rappeler les propositions du RN, et Marine Le Pen pose en aspirante à l’Elysée, tentant d’incarner le rassemblement et la raison. Son allocution de huit minutes, au ton se voulant présidentiel, a eu une circulation virale sur les réseaux sociaux, cumulant 18 millions de vues.
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